30. November 2016

Mendiants des temps modernes : la presse institutionnelle luxembourgeoise

Le contribuable luxembourgeois a versé 43 millions d’euros ces six dernières années aux « Zeitung », « Woxx » et autres « journal »

Vive les économies! Depuis que Gambia nous a appris à économiser les bouts de ficelle en abattant ici les éclairages publics autoroutiers ou amputant ailleurs les allocations familiales, on se réjouit de ce que ni la famille grand-ducale, ni le train de vie de l’Etat, ni celui de notre presse institutionnelle ne doivent pâtir de ces mesures de restrictions financières.

Ces six dernières années, le contribuable luxembourgeois a quand même versé quelques 43.000.000 d’euros à la presse écrite institutionnelle. Pour que le contribuable dispose de la liberté de lire le journal communiste très confidentiel  « Zeitung », sponsorisé avec quelques 2,3 millions ou la feuille de chou encore plus confidentielle et inconnue de l’écrasante majorité des luxembourgeois, « Woxx » (1,5 million) ou le très « élitaire » « Jeudi » (2 millions) ? Même les programmes télé coûtent la peau des fesses au contribuable avec 2,3 millions pour « Télécran ». Auxquels il faut ajouter les quelques 8,7 millions pour le « Wort », ce qui fait quand même 11 millions de dons publics au groupe Saint-Paul, malgré tout encore et toujours dans de mauvais draps financiers.

Le groupe Editpress n’est pas en reste et empoche quasiment 7,5 millions rien que pour son quotidien à faible tirage « Le Quotidien » et 9,7 millions pour son « Tageblatt ». Plus de 17 millions donc pour la presse de gauche, chère au LSAP et à l’OGBL. Restent le quotidien du DP, le « Journal », au tirage et à la vente insignifiants, qui touche néanmoins autour de 4,3 millions. Autres chiffres de financement de la presse « libre » au Luxembourg : 1,6 million pour le « Land » et plus de 2 millions pour la « Revue ». Un financement auquel il faut ajouter les avis publics que l’Etat luxembourgeois publie régulièrement dans les quotidiens luxembourgeois et qui constituent encore une manne financière supplémentaire.

Voilà comment le gouvernement assure l’indépendance de la presse luxembourgeoise, à faire hurler de rire tout observateur impartial. Et comment les partis politiques, à l’origine de cette loi sur le financement de la presse, peuvent payer quelques rédacteurs qui sont en fait des fonctionnaires du parti et faire vivre leurs feuilles de liaison, toutes condamnées, sans exception, à disparaître sans cette manne providentielle.

Voilà comment on peut détourner une loi qui prévoyait initialement d’assurer la diversité d’opinion en tronquant les règles du marché, alors qu’il est tout à fait possible de faire tourner et vivre un média au Luxembourg sans se soumettre à la dépendance financière de l’Etat et sans perdre sa liberté d’écrire, de blâmer, de critiquer et de pratiquer l’éloge honnête.

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    Carlo

    ce n'est que la vérité qui blesse, donc pas de fric

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    Fred Reinertz Barriera

    Dei ganz subventioneiert Press ass ebben à la solde des partis politiques a vum Gouvernement...et sinn keng frei an onofhänneg Journalisten ma "Lobpreissänger" mat onsere Steiergelder bezuelt....

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